vendredi 1 juin 2007

Jarhead

Jarhead


Réalisé par Sam Mendes
Avec jake Gyllenhaal, Jamie Foxx, Peter Sarsgaard

Résumé :

Un jeune Américain, Anthony Swofford, est envoyé en Arabie Saoudite en 1990 pour l'opération Tempête du désert. Anthony et son régiment de Marines sont envoyés en première ligne dans la guerre du Golfe. Leur ennemi : l'ennui. Les Marines ne voient jamais les troupes irakiennes et entament une longue attente de l'ennemi fantôme. Les contraintes imposés par la discipline militaire et les tensions grandissantes entre Marines s'additionnent dans un climat de plus en plus délétère et explosif. Mais c'est dans cet enfer que naîtront des amitiés improbables et des liens inaltérables entre les compagnons d'armes obligés de se serrer les coudes pour surmonter leur situation.


Mon opinion :

Jarhead est le surnom des Marines. Littéralement ce la signifie "tête de Jarre", car "la tête d'un bon marines doit sonner creux comme un vase" selon le caporal.Le mot renvoie à la coupe de cheveux qui leur confère une allure si caractéristique. Mais est-ce pour cela que l'on ne peut pas avoir un film intelligent sur la guerre? Non, Jarhead en est la preuve. La lente préparation des Marines à la guerre est très bien décrite d'un point de vue spécifiquement humain : celui d'un soldat. Celle-ci est soumise aux aléas des politiciens et des désirs des gradés, ce qui est loin d'être agréable pour les soldats. Le Marine observé, interprété par Jake Gyllenhaal, revient de l'armée véritablement traumatisé, alors qu'il n'a pas même tué un homme. Une large réflexion sur la légitimité des guerres américaines nous est proposée par Sam Mendes.

On peut remarquer que Jarhead est adapté du livre éponyme d'Anthony Swofford, publié aux Etats-Unis en 2003. L'ancien Marine y raconte ses expériences pendant l'opération Tempête du désert, lors de la première guerre du Golfe.


Lucky Number

Lucky Number


Réalisé par Paul McGuigan en 2006

Avec Josh Hartnett, Bruce Willis, Morgan Freeman, Lucy Liu

Résumé :

Slevin est un jeune homme à qui la vie ne fait pas de cadeau. Sa copine le trompe, un gangster lui a volé son portefeuille en lui laissant un souvenir (un nez cassé), et il s'est trompé de polo. Mais ce n'est pas tout, alors qu'il est chez son copain Nick Fisher, des gangsters le prennent pour lui et l'embarquent voir "le Boss". Le milieu new-yorkais est en ébullition : deux de ses plus grands parrains, le Rabbin et le Boss, se livrent une guerre sans pitié. Autrefois complices, ils sont devenus les pires ennemis à cause de la mort du fils du Boss. Ce dernier souhaite donc voir le fils du Rabbin, "la folle" mourir. Il engage pour cela Mr Goodkat, tueur dont la réputation est internationale. Son plan est simple : obliger un homme qui a perdu au jeu à tuer "la folle" pour faire croire à un accident. L'homme choisi est... Nick Fisher.
Slevin se retrouve donc obligé de composer avec les évènements qui lui tombent dessus. Cependant, il apparait que le piégé peut se retrouver piégeur...


Mon opinion :

Lucky Number est un peu dans l'esprit de Usual Suspect : un film qui nous tient tout le temps en haleine, et dont on essaye de deviner la fin à chaque nouvel indice dévoilé, mais dont le dénouement est tout à fait inattendu! Le scénario est extrait d'un roman policier ce qui n'est certes pas un gage de qualité, mais révèle une intrigue soignée. On ressent une certaine liberté de jeu des acteurs qui exposent littéralement leurs gammes bien fournies. On peut noter les décors un peu kitch qui font un sourire au début mais qui s'adaptent très bien au ton du film. La violence du film a été critiquée par certains, mais après les premières minutes qui introduisent l'intrigue, Lucky Number devient tout à fait acceptable.
Certaines tirades auraient pu devenir des répliques cultes si ce film n'était pas sorti dans un certain anonymat.

"Dis ça à un unijambiste, ça lui fera une belle jambe"

" mon père me disait toujours:
si quelqu'un te traite de cheval, mets lui un poing dans la gueule. Si une deuxième personne te traite de cheval, traite le de con. Mais si une troisième personne te traite de cheval mon fils, c'est qu'il est peut-être temps de t'acheter une selle".



jeudi 24 mai 2007

Un homme d'exception

Un homme d'exception
(A beautiful mind)

réalisé par Ron howard
avec Russel Crowe


Oscar 2002 pour le meilleur second rôle pour l'actrice Jennifer Connelly
Oscar 2002 du meilleur réalisateur pour Ron Howard

Oscar 2002 du meilleur scénario pour Akiva Goldsman


Résumé :

John Nash est un génie. Il étudie les mathématiques à la célèbre université de Princeton en 1947, il est capable d'analyser des séries de chiffres très rapidement. Il contredit une théorie économique d'Adam Smith et élabore sa propre théorie économique des jeux. Ses travaux sont remarqués par l'homme qui a orchestré le projet Manhattan (la réalisation de la première bombe nucléaire). Cet homme William Parcher, se présente à lui pour lui proposer d'aider les Etats-Unis à retrouver une bombe nucléaire soviétique par des analyses mathématiques. Sa mission est de décrypter dans la presse les messages secrets des espions russes. John Nash passe tout son temps sur cette mission, au détriment de sa femme Alicia. Cependant, ce job n'est pas sans risque : il est surveillé par les russes. Un jour, l'hôpital psychiatrique du Massachusetts l'interne. Personne ne croit son histoire.


Mon opinion :

Ce film est ébranlant dans le sens où le scénario est tiré d'une histoire vraie : le professeur Nash a réellement existé. Le mathématicien brillant souffrait d'hallucinations persistantes, qui l'ont entrainé dans un délire schizophrène paranoïaque qu'il réussit à apprivoiser grâce à l'amour de sa femme. Ce film rend une dignité à ces malades, et leur apporte une note d'espoir. On peut se demander si Ron Howard ne s'est pas lui-même inspiré d'une équation mathématique pour assurer le succès du film :
Vie romanesque + performance d'acteur + suspense + passion = Oscar ?

mercredi 23 mai 2007

Thank you for smoking


Thank You For Smoking


Réalisé par Jason Reitman


Avec un grandiose Aaron Eckhart dans le rôle principal



Résumé :

Nick Naylor est un homme sans scrupule : il travaille pour le lobby des fournisseurs de tabac américain. Charmeur et talentueux, il arrive à toutes ses fins. Son art de l'argumentation lui permet de défendre l'indéfendable. La caméra suit cet homme au cours de ses journées, et de conférence de presse en talk-show télévisé (où il ridiculise un adolescent cancéreux), Nick nous persuaderait presque que la cigarette est bonne pour la santé. En expliquant l'art de l'argumentation à son fils, il a cependant du mal à convaincre son ex-femme qu'il peut être un père modèle.

Mon opinion :

Thank you for smoking est un film pour les lobbyistes, et leur montre leur mauvaise foi. A travers le personnage de Nick, nous découvrons des techniques sournoises et impitoyables. Cependant, l'arme principale de Jason Reitman est bien l'humour! Un exemple? Tous les jours, Nick a l'habitude de retrouver ses deux meilleurs amis professionnels pour le déjeuner, en l'occurrence Bobby Jay, lobbyiste des fabriquants d'armes, et Polly Bailey, lobbyiste des fabricants de boissons alcoolisées. Tous les trois se sont autoproclamés « Le bureau des MDM », sous-entendu «Marchands de Mort». Ces trois-là s'engueulent dans le film pour savoir quel est celui qui tue le plus de citoyens américains chaque année. L'ironie est très subtile dans cette oeuvre littéralement décapante : de nombreux fous rires sont prévus au programme ; et les quelques vannes de dédain égrenées tout au long film en direction des fumeurs par ces requins industriels devraient vous faire lâcher la cigarette pour un bon bout de temps.
Un détail que tout le monde n'a pas noté : vous ne verrez aucune cigarette être allumée dans ce film.

Little Miss Sunshine

Little Miss Sunshine

Réalisé par Jonathan Dayton, Valerie Faris

César 2007 (1 récompense- 1 nomination)
Oscar 2007 (2 récompenses- 4 nominations)

Golden Globes 2007 (2 nominations)


Résumé : Little miss sunshine, ou les déboires d'une famille tordue. Le père, Richard, essaye tant bien que mal de vendre son nouveau programme "Parcours vers le succès en 9 étapes". L'oncle sort tout juste de l'hôpital après avoir fait une tentative de suicide (il faut sans doute ajouter qu'il est un spécialiste de Proust). Le grand-père, un hédoniste convaincu à la langue bien pendue et grossière, est rentré à la maison car il a sniffé de l'héroïne à l'hospice. Quant au fils, Dwayne, il a fait voeu de silence (sur le conseil du célèbre Nietzsche) jusqu'à son entrée dans la toute aussi célèbre Air Force Acamedy, tandis qu'Olive, sa soeur un peu enrobée (et heureuse détentrice de lunettes rondes) s'entraine devant la télévision à défiler telle une reine de beauté. Et la mère me dites-vous? Et bien elle s'efforce tout simplement de donner un semblant de cohésion à cette famille atypique... Un jour, Olive reçoit un sésame pour un concours de beauté très sélectif organisé dans la lointaine Californie. Malgré quelques réticences initiales, toute la famille lui accorde son soutien, et hop, nous voilà embarqué dans un break Volkswagen rouillé pour un voyage tragi-comique de trois jours, qui révèlera davantage la personnalité de chacun.




Mon opinion :

Vous manquez d'humour? Vous manquez d'amour? Little Miss Sunshine en déborde. Ce film nous livre en effet un portrait drôlement déjanté d'une famille américaine sclérosée. Le couple Dayton-Faris, qui a notamment réalisé des clips pour les Red Hot Chili Peppers, nous livre un road-movie original, et nous faisant passer par de nombreuses étapes émotionnelles. Tour à tour acide, tendre, cruelle et rocambolesque, c'est une traversée très chaotique d'une Amérique toujours en quête de réussite mais définitivement paumée, en perte de repères à l’image de ses anti-héros. Le jeu des comédiens est à relever : Little Miss Sunshine a le mérite d’exploiter au maximum le potentiel de ses comédiens en les plongeant dans les délires les plus improbables là où beaucoup de films hésitent à se lâcher. Avec son petit côté carpe diem, le film finit en fable drôle et touchante sur la soif de réussite qui gangrène la société américaine.